mardi 20 mai 2008

En exclusivité Mr Vincent Baby.

Vincent Baby a été professeur d’histoire de l’art à l’ESAD de Saint Etienne durant l’année scolaire 2006 – 2007. Il a accepté de répondre à quelques questions sur son année passée à l’école et sur ses autres activités.


Vous avez passé une année aux beaux arts de Saint Etienne. A l'heure actuelle, l'administration et l'organisation de l'école sont au cœur des discussions puisqu'elles détermineront la réussite ou non du déménagement et de la restructuration de l'an prochain. Quel fut votre sentiment par rapport à cette école et à son administration?

Mes rapports avec « l’administration » ont été de 3 ordres :
- Parfaits avec les secrétariats et services techniques.
- Clairs, nets et précis avec la direction administrative.
- Très particuliers avec la « direction pédagogique » puisque j’ai été recruté par un directeur qui quittait ses fonctions le lendemain et n’ai eu de contact avec un nouveau directeur (par intérim si je ne m’abuse) qu’à la toute fin de l’année. Nos vues divergeaient assez sur l’essentiel pour qu’il n’ait pas été amené à prolonger mon contrat. Mon projet pour être bref était de ne pas faire disparaître l’enseignement de l’histoire de l’art mais bien au contraire de le renforcer et dans le même temps, en collaborant avec quelques profs, de créer des passerelles vers la littérature, la poésie et la philosophie. J’avais aussi proposé de créer des « ateliers de lecture/écriture » pour permettre aux étudiants de ne pas rompre avec ces deux pratiques tout en ne reproduisant pas le vieux schéma de la dissertation ou le nouveau –et à mon sens catastrophique exposé de « l’artiste » sur son « œuvre », celui qui fait dire à 95% des étudiants ce genre de choses : « Mon travail s’organise à partir de l’exploration du temps et de l’espace sur le mode opératoire du work in progress, dans un univers contextuel proche de celui initié par la pensée deleuzienne du rhizome. Ayant pris acte de la fatalité postmoderne qui fait que je ne peux plus me revendiquer ni dessinateur, ni graveur, ni peintre, ni même simplement photographe ou apprenti cinéaste je vous prie de bien vouloir trouver dans le galimatias de ma pratique dont je ne comprends pas moi-même ce qu’elle peut bien vouloir signifier (et pour cause) un joyeux mélange de tout cela avec quelques mots bien jargonneux pour lier la sauce … etc.

Quels seraient à votre avis les points positifs et négatifs (s'il il y en a eu) a dégager de cette expérience?

Sans démagogie aucune, j’ai rencontré des gens (profs et étudiants) intéressants et attachants (j’ai bien aimé aussi la ville de Saint Etienne que je ne connaissais pas). J’aurais aimé suivre le travail de certains et les aider dans la mesure de mes modestes moyens à trouver leur voie … Voilà un regret … mais je suis très heureux de rester en contact avec quelques uns ! (Via Facebook entre autres, j’invite cordialement quiconque à m’y contacter)


Votre départ ayant semblé être précipité, avez vous eu la possibilité d'intégrer une nouvelle école ou une autre structure?

Mon départ n’a pas été précipité. J’avais un contrat d’un an. Il n’a juste pas été prolongé. Je dirige un workshop au sein d’un Master-Pro Multimedia à l’Université de Rennes2 et je dois reconduire l’expérience l’année prochaine. Nous avons intégralement conçu un dvd-rom que je trouve particulièrement réussi (je peux le dire sans me vanter puisque l’essentiel du boulot (et même 100% de la programmation) a été réalisé par les étudiants !) Ce dvd-rom permet de feuilleter les « Journaux intimes » de l’artiste Véra Molnar, dont je finalise en ce moment le Catalogue Raisonné et dont je vais diriger la publication des « Ecrits » (à paraître en avril 2009), le dvd-rom accompagnera ce livre.

Pour finir, j'aimerais vous interroger sur vos projets à venir ou vos perspectives professionnelles.

Je « candidate » à 2 postes de maître de Conférences en histoire de l’art mais les places sont chères… Alors en attendant un poste fixe (qui peut-être n’arrivera jamais) je visite des ateliers, j’écris des notices (Molnar pour Beaubourg) et des textes dans des catalogues (Benjamin Swaim à Morsang-sur-Orge) et je suis aussi en train de concocter deux propositions d’expos (en France et aux Etats-Unis). Pour tout dire, je m’ennuie assez vite à faire toujours la même chose, alors je vais essayer de continuer à multiplier les expériences et à m’enrichir au contact des artistes que je rencontre, comme me l’avait conseillé Charlotte Perriand que j’ai eu la chance d’interviewer il y a quelques années : « Il faut garder l’œil en éventail ».



Interview de Vincent Baby par mail.
Quentin Simonin.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ca fait toujours plaisirs d'avoir des nouvelles, et ca confirme les tendances de l'école.
Bientot une interviw de Julien Fronsaq ou d'ambroise Tièche ?